La lettre de Blou #4

J’espère que tu es confortablement installé pour découvrir cette quatrième édition de La Lettre de Blou. C’est partit !

Ce mois-ci, mes 3 coups de 💙 parlent de portraits, de données et de papier.

Voices of EquALLity : des visages dans l’espace public

Voices of EquALLity: Visuel de Delphine Girod Vallotton, eco-feministe

Voices of EquALLity est un projet initiĂ© par la photographe nyonnaise ChloĂ© Bonnard en collaboration avec l’association Les Romandes. L’idĂ©e de dĂ©part est simple : photographier des femmes engagĂ©es pour une sociĂ©tĂ© plus Ă©quitable en Suisse romande, exposer ces portraits dans l’espace public et leur donner la parole Ă  travers des QR codes. Trente-six personnalitĂ©s, photographiĂ©es sans retouche, dont les tĂ©moignages sont accessibles gratuitement, en pleine rue.

Les profils sont volontairement variĂ©s : sociologue, mĂ©canicienne, vigneronne, artiste, entrepreneure. Des parcours très diffĂ©rents, reliĂ©s par un engagement commun autour de la reprĂ©sentation et de l’Ă©galitĂ©. Parmi elles, Anne-Sophie Delval, sociologue, et Delphine Girod Vallotton, qui dĂ©fend au quotidien le vivant, le soin et la biodiversitĂ© Ă  travers un engagement Ă©cofĂ©ministe.

Ce qui a retenu mon attention dans ce projet, c’est la conviction que l’espace public appartient Ă  tout le monde. Exposer ces portraits en plein air, c’est choisir de rendre visibles des engagements qu’on ne croise pas toujours dans les mĂ©dias plus traditionnels et les institutions culturelles.

Vous avez jusqu’au 14 juin pour profiter de cette exposition, installée en ce moment place Pépinet à Lausanne.

 

LE CONSEIL DESIGN
Avant de choisir les visuels de votre communication, posez-vous la question du degrĂ© de retouche. Une photo trop travaillĂ©e peut nuire Ă  la crĂ©dibilitĂ© d’un message lĂ  oĂą une image authentique crĂ©e immĂ©diatement la confiance.

Pourquoi j’ai toujours prĂ©fĂ©rĂ© la version suisse ?

Swisstrasnfer VS Wetransfert

Ce sujet est un peu diffĂ©rent, car il parle d’un outil que j’utilise au quotidien et qui traduit une certaine façon d’exercer mon mĂ©tier.

Depuis toujours, j’envoie mes fichiers via SwissTransfer, un service dĂ©veloppĂ© par l’entreprise genevoise Infomaniak. Gratuit jusqu’Ă  50 Go, sans inscription, et sans que les fichiers ne soient exploitĂ©s Ă  d’autres fins que le transfert.

En 2025, la question de la souverainetĂ© des donnĂ©es est devenue très concrète lorsque WeTransfer a modifiĂ© ses conditions d’utilisation pour s’octroyer le droit d’exploiter les fichiers de ses utilisateurs, notamment pour entraĂ®ner ses outils d’intelligence artificielle. Sans avertissement clair, sans possibilitĂ© de refus simple par les utilisateurs.

Avec SwissTransfer, les fichiers restent hĂ©bergĂ©s en Suisse, sous la protection du droit suisse et du règlement gĂ©nĂ©ral sur la protection des donnĂ©es (RGPD) europĂ©en. Quand on transmet rĂ©gulièrement des documents confidentiels Ă  ses clients, c’est essentiel.

Petite prĂ©cision : personne ne m’a payĂ©e pour Ă©crire ce paragraphe. C’est gratuit, comme SwissTransfer.

 

LE CONSEIL DESIGN
Avant d’envoyer vos fichiers, vĂ©rifiez qui les hĂ©berge et dans quelles conditions. Un outil suisse comme Swiss Transfer, c’est souvent la rĂ©ponse la plus simple pour Ă©viter les mauvaises surprises.

A Lausanne, le papier fait son show

Paper Show Lausanne, stand de papetier aux multiples couleurs

DĂ©but mai, je me suis rendu au Paper show de Lausanne avec Tatianna, mon amie et partenaire d’impression. Et comme chaque fois, j’en suis ressortie la tĂŞte pleine d’idĂ©e et d’envie.

Durant cette expo, on y rencontre des papetiers, comme Fischer ou Antalis, des imprimeurs et façonniers qui prĂ©sentent ce que le papier et l’impression ont de plus crĂ©atif en Suisse. On y dĂ©couvre de nouvelles gammes, les tendances colorimĂ©triques et les avancĂ©es en matière d’Ă©co-conception des supports.

Et puis il y a les ennoblisseurs, ces spĂ©cialistes dont le mĂ©tier est de transformer un imprimĂ© ordinaire en objet qu’on ne peut pas ignorer. Des noms comme Sonderegger ou Lorenz Boegli ne vous disent peut-ĂŞtre rien, mais leurs rĂ©alisations parlent d’elles-mĂŞmes : gaufrage, marquage Ă  chaud, dĂ©coupe laser, impressions aux pigments mĂ©talliques. Des effets qu’aucun Ă©cran ne peut reproduire. Ce relief sous les doigts, ce reflet qui se dĂ©place selon l’angle, ce grammage qui donne du poids Ă  un message.

Ce que j’aime dans ce salon, c’est qu’il me rappelle pourquoi le print n’a rien perdu de sa pertinence. Il s’est simplement transformĂ© en un choix dĂ©libĂ©rĂ©. Une carte de visite, un livre, un packaging bien conçu portent une marque autrement qu’une page de site web ou une publication dans un feed Instagram.

Je le dis souvent Ă  mes clients : print et digital ont chacun leur rĂ´le. Une communication qui sait jouer sur les deux est gĂ©nĂ©ralement plus forte que celle qui n’en choisit qu’un.

 

LE CONSEIL DESIGN
Le papier a un avantage sur le digital : on ne le ferme pas d’un clic. Avez-vous un support imprimĂ© dans votre communication ?

LA PHOTO DU MOIS

ArrĂŞt sur image : l’instant dĂ©cisif

J’ai photographiĂ© mon fils, au moment oĂą il marchait dans un faisceau lumineux. Il regardait quelque chose hors champ, complètement absorbĂ©.

La photographie de rue fonctionne sur ce principe depuis toujours : capter ce qui se passe quand les gens ne posent pas. Henri Cartier-Bresson, considĂ©rĂ© comme l’un des pères du photojournalisme, passait ses journĂ©es dans les rues de Paris et du monde entier Ă  attendre ce qu’il appelait l’instant dĂ©cisif, ce fragment de seconde oĂą tout s’aligne. Vivian Maier photographiait en secret les passants dans les rues de Chicago et New York pendant des dĂ©cennies, sans jamais exposer de son vivant. Son Ĺ“uvre n’a Ă©tĂ© dĂ©couverte qu’après sa mort, et compte aujourd’hui parmi les rĂ©fĂ©rences de la photographie du 20e siècle. Deux trajectoires très diffĂ©rentes, une mĂŞme conviction : les meilleures images arrivent quand le sujet ne sait pas qu’on le regarde.

C’est ce rĂ©flexe que j’essaie de cultiver chaque mois Ă  travers cette rubrique. Garder les yeux ouverts pour garder la trace de ces instants dĂ©cisifs.

 

Milan - Fondation Prada, photo de mon fils de dos prise sur le vif dans un rayon lumineux